Quel est le délai pour déposer les conclusions dans un appel incident ?

Délai de 3 mois pour déposer les conclusions sur appel incident ou provoqué, selon l'art. 910 CPC. Règles de computation et sanctions en cas de dépassement.

Publié le 04/10/2026 — STORAFIX, éditeur de Juritime

Le dépôt des conclusions en réponse à un appel incident ou provoqué obéit à un délai précis fixé par le Code de procédure civile. Ce délai, strictement encadré, vise à garantir l’équilibre des droits des parties dans le cadre d’un appel incident ou provoqué.

La règle

L’article 910 du Code de procédure civile impose un délai de trois mois pour déposer les conclusions en réponse à un appel incident ou provoqué. Ce délai est d’ordre public et son non-respect entraîne l’irrecevabilité des conclusions déposées hors délai, sauf régularisation ou prorogation accordée par le juge.

Le point de départ

Le délai commence à courir à compter de la notification de l’appel incident ou provoqué. Cette notification peut prendre différentes formes (lettre recommandée avec accusé de réception, signification par huissier, notification électronique, etc.), mais c’est sa date de réception qui marque le début du délai.

Comment compter le délai

Le calcul du délai suit les règles générales de computation des délais prévues aux articles 640 à 647 du Code de procédure civile.

  • Exclusion du jour de la notification : Le jour de la notification ne compte pas. Par exemple, si un appel incident est notifié le 10 mars, le délai commence à courir le 11 mars.
  • Délai en mois : Un délai de trois mois expire le jour du dernier mois portant le même quantième que le jour de départ. Si ce quantième n’existe pas dans le dernier mois (par exemple, un appel notifié le 31 janvier pour un délai de trois mois), le délai expire le dernier jour du mois (soit le 30 avril dans cet exemple).
  • Expiration à 24 heures : Le délai expire le dernier jour à minuit.
  • Report pour week-end ou jour férié : Si le dernier jour du délai tombe un samedi, un dimanche, un jour férié ou chômé, le délai est prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant.
  • Délai de distance : Un délai supplémentaire est accordé si la partie réside outre-mer (+ 1 mois) ou à l’étranger (+ 2 mois), sauf si l’acte lui a été notifié à personne en France.

Exemple : Un appel incident est notifié le 10 mars. Le délai de trois mois commence à courir le 11 mars et expire le 10 juin à minuit. Si le 10 juin tombe un dimanche, le délai est reporté au 11 juin.

Les pièges à éviter

  • Week-ends et jours fériés : Vérifiez toujours si le dernier jour du délai tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, car cela peut entraîner un report.
  • Délai de distance : Si la partie réside hors de France métropolitaine, le délai peut être allongé. Toutefois, ce délai supplémentaire ne s’applique pas si la notification a été faite à personne en France.
  • Notification défectueuse : Une notification irrégulière peut retarder le point de départ du délai. Il est donc essentiel de s’assurer que la notification a été effectuée conformément aux règles.
  • Prescription ou forclusion : Le dépassement du délai peut entraîner une irrecevabilité définitive des conclusions, sauf si une régularisation est possible ou si le juge accorde une prorogation.

Que faire en cas de dépassement du délai ?

Si le délai est dépassé, les conclusions risquent d’être déclarées irrecevables. Toutefois, plusieurs options peuvent être envisagées :

  • Demander une prorogation de délai au juge, si des motifs légitimes le justifient (par exemple, une difficulté matérielle indépendante de la volonté de la partie).
  • Régulariser la situation en déposant les conclusions dès que possible, même hors délai, et en sollicitant du juge qu’il les déclare recevables.
  • Vérifier la validité de la notification : Si la notification de l’appel incident ou provoqué était irrégulière, cela peut remettre en cause le point de départ du délai.

Dans tous les cas, il est recommandé de consulter rapidement un avocat pour évaluer les possibilités de régularisation ou de contestation.

Calculer ce délai

Pour éviter tout risque d’erreur dans le calcul du délai, utilisez le calculateur de délais de Juritime. Cet outil gratuit permet de déterminer avec précision la date d’expiration du délai en tenant compte des règles de computation et des éventuels reports.

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si je dépose mes conclusions après le délai de 3 mois ?
Vos conclusions risquent d’être déclarées irrecevables, sauf si vous obtenez une prorogation de délai ou une régularisation de la part du juge.
Le délai de 3 mois s’applique-t-il aussi à l’appel provoqué ?
Oui, l’article 910 du Code de procédure civile vise à la fois l’appel incident et l’appel provoqué.
Comment savoir si la notification de l’appel incident a bien déclenché le délai ?
Le délai commence à courir à compter de la date de réception de la notification. Vérifiez que cette notification a été effectuée conformément aux règles (par exemple, par lettre recommandée avec accusé de réception ou signification par huissier).
Un délai supplémentaire est-il accordé si je réside à l’étranger ?
Oui, un délai supplémentaire de 2 mois est accordé si vous résidez à l’étranger, sauf si la notification vous a été faite à personne en France.
Que faire si le dernier jour du délai tombe un dimanche ?
Le délai est reporté au premier jour ouvrable suivant. Par exemple, si le délai expire un dimanche, il est prorogé jusqu’au lundi.

Vérifiez la date avec le calculateur gratuit

Chaque étape du calcul est affichée avec son fondement (art. 640 à 647 CPC).

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