Quel est le délai pour notifier un jugement du tribunal de commerce ?

Règles générales de computation des délais pour notifier un jugement du tribunal de commerce, selon les articles 640 à 647 du Code de procédure civile.

Publié le 21/10/2026 — STORAFIX, éditeur de Juritime

La notification d’un jugement rendu par le tribunal de commerce en matière contentieuse doit respecter les règles générales de computation des délais prévues par le Code de procédure civile. Ces règles s’appliquent en l’absence de délai spécifique fixé par un texte particulier, ce qui est fréquent en matière commerciale.

La règle

Le Code de procédure civile (CPC) encadre la computation des délais dans ses articles 640 à 647. Ces dispositions définissent notamment le point de départ du délai, les modalités de calcul, ainsi que les reports éventuels en cas de week-end, de jour férié ou de distance géographique. Aucun délai précis n’étant fixé par un texte spécifique pour la notification d’un jugement du tribunal de commerce, ces règles générales s’appliquent.

Le point de départ

Le délai commence à courir le lendemain du jour où l’acte est accompli (art. 641 CPC). Pour un jugement, le point de départ est donc le lendemain de sa notification ou de sa signification, selon le mode de transmission utilisé. Par exemple, si un jugement est notifié le 10 mars, le délai commence à courir le 11 mars.

Comment compter le délai

  • Délai exprimé en jours : Le jour de l’acte ne compte pas. Le délai expire le dernier jour à minuit. Par exemple, un délai de 15 jours commençant le 11 mars expire le 25 mars à minuit.
  • Délai exprimé en mois : Le délai expire le même quantième du mois suivant. Si ce quantième n’existe pas (par exemple, le 31 février), le délai expire le dernier jour du mois. Par exemple, un délai d’un mois commençant le 10 mars expire le 10 avril. Si le délai commence le 31 janvier, il expire le 28 février (ou le 29 en cas d’année bissextile).
  • Report pour week-end ou jour férié : Si le dernier jour du délai tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, le délai est reporté au premier jour ouvrable suivant (art. 642 CPC). Par exemple, si le délai expire un samedi 15 avril, il est reporté au lundi 17 avril.

Les pièges à éviter

  • Week-end et jours fériés : Comme indiqué ci-dessus, ces jours entraînent un report du délai. Il est essentiel de vérifier le calendrier pour éviter une computation erronée.
  • Délai de distance : Si la notification doit être effectuée à une personne résidant outre-mer ou à l’étranger, un délai supplémentaire est accordé (art. 643 CPC) :
  • +1 mois pour les territoires d’outre-mer.
  • +2 mois pour l’étranger.

Ce délai de distance est écarté si la notification est faite à une personne résidant en France métropolitaine (art. 647 CPC).

  • Prescription : Les règles de report des délais (week-end, jours fériés, distance) ne s’appliquent jamais aux délais de prescription (Cass. 1re civ., 12 décembre 2018, n° 17-25.697). Une vigilance particulière est donc requise pour les délais de prescription, qui doivent être calculés sans tenir compte de ces reports.

Que faire en cas de dépassement du délai ?

Si le délai pour notifier un jugement est dépassé, les conséquences peuvent être lourdes : nullité de la notification, perte de la possibilité d’exercer un recours, ou encore prescription de l’action. Il est donc impératif de :

  1. Vérifier le texte applicable : Confirmer que les règles générales du CPC s’appliquent bien à la situation, et qu’aucun délai spécifique n’est prévu par un autre texte.
  2. Consulter un avocat : Un professionnel pourra analyser les conséquences du dépassement et envisager les recours possibles, tels qu’une régularisation ou une demande de relevé de forclusion.
  3. Agir rapidement : Plus le dépassement est identifié tôt, plus les chances de limiter ses effets sont grandes.

Calculer ce délai

Pour éviter toute erreur de computation, utilisez le calculateur de délais de Juritime. Cet outil gratuit permet de déterminer avec précision la date d’expiration d’un délai en tenant compte des règles du CPC, des jours fériés et des éventuels reports.

Ce guide présente les règles générales ; il ne remplace pas la vérification du texte applicable et l'analyse de l'avocat.

Questions fréquentes

Faut-il compter le jour de la notification dans le délai ?
Non, le jour de la notification ne compte pas. Le délai commence à courir le lendemain de l’acte (art. 641 CPC).
Un délai expirant un dimanche est-il reporté ?
Oui, si le dernier jour du délai tombe un dimanche ou un jour férié, il est reporté au premier jour ouvrable suivant (art. 642 CPC).
Les délais de distance s’appliquent-ils si la partie réside en France ?
Non, les délais de distance (outre-mer ou étranger) sont écartés si la notification est faite à une personne résidant en France métropolitaine (art. 647 CPC).
Les règles de report s’appliquent-elles aux délais de prescription ?
Non, les délais de prescription ne sont jamais reportés, même en cas de week-end ou de jour férié (Cass. 1re civ., 12 décembre 2018, n° 17-25.697).
Que faire si le délai est dépassé ?
Il est impératif de consulter un avocat pour analyser les conséquences et envisager les recours possibles, comme une régularisation ou un relevé de forclusion.

Vérifiez la date avec le calculateur gratuit

Chaque étape du calcul est affichée avec son fondement (art. 640 à 647 CPC).

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