Quel est le délai pour déposer les conclusions de l'intimé en appel à bref délai ?
Délai de 2 mois pour l'intimé en appel à bref délai : point de départ, computation, pièges et recours en cas de dépassement.
Publié le 04/10/2026 — STORAFIX, éditeur de Juritime
Le dépôt des conclusions de l’intimé en appel à bref délai obéit à un délai strict fixé par le Code de procédure civile. Ce délai court à compter de la notification des conclusions de l’appelant et peut être affecté par des règles de computation spécifiques.
Ce guide détaille les modalités pratiques pour déterminer la date limite de dépôt, les pièges à éviter et les conséquences d’un dépassement.
La règle
L’intimé dispose d’un délai de 2 mois pour déposer ses conclusions en réponse à l’appelant, dans le cadre d’une procédure d’appel à bref délai. Ce délai est d’ordre public et son non-respect entraîne l’irrecevabilité des conclusions.
Le fondement de cette règle figure à l’article 906-2 du Code de procédure civile (CPC).
Le point de départ
Le délai commence à courir le lendemain du jour de la notification des conclusions de l’appelant. La notification peut être effectuée par voie électronique, par remise en mains propres ou par tout autre moyen prévu par le CPC.
Le jour de la notification ne compte pas dans le calcul du délai (article 640 CPC).
Comment compter le délai
Pour calculer la date d’expiration du délai, appliquez les règles suivantes :
- Délai en mois : Le délai expire le jour du dernier mois portant le même quantième que le jour de la notification. Par exemple, si les conclusions de l’appelant sont notifiées le 10 mars, le délai expire le 10 mai à minuit.
- Si le mois d’expiration est plus court (par exemple, notification le 31 janvier), le délai expire le dernier jour du mois (soit le 28 ou 29 février, ou le 30 avril).
- Expiration un samedi, dimanche ou jour férié : Le délai est reporté au premier jour ouvrable suivant (article 642 al. 2 CPC). Par exemple, si le délai expire un samedi 12 mai, il est reporté au lundi 14 mai.
- Délai de distance : Si l’intimé réside outre-mer, un délai supplémentaire d’1 mois est accordé. S’il réside à l’étranger, le délai supplémentaire est de 2 mois (article 643 CPC).
- Ce délai de distance est écarté si la notification est faite à personne en France (article 647 CPC).
Exemple de calcul
- Notification des conclusions de l’appelant : 10 mars.
- Point de départ : 11 mars (le jour de la notification ne compte pas).
- Expiration du délai : 10 mai à minuit.
- Si le 10 mai tombe un samedi, le délai expire le lundi 12 mai.
- Si l’intimé réside à l’étranger et que la notification n’a pas été faite à personne en France, le délai expire le 10 juillet.
Les pièges à éviter
- Week-end et jours fériés : Vérifiez systématiquement si la date d’expiration tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié. Dans ce cas, le délai est automatiquement reporté.
- Délai de distance : Ne négligez pas le délai supplémentaire si l’intimé réside hors de France métropolitaine. Ce délai s’ajoute au délai de base de 2 mois.
- Notification électronique : La date de notification électronique est réputée être celle de la mise à disposition du document dans l’espace sécurisé du destinataire (article 748-1 CPC).
- Prescription : Bien que ce délai soit un délai de procédure, son dépassement peut avoir des conséquences irréversibles sur le fond du litige. Une vérification rigoureuse est indispensable.
- Appel incident : Si l’intimé forme un appel incident, ses conclusions doivent être déposées dans le même délai de 2 mois, sauf si l’appel incident est formé après l’expiration de ce délai (dans ce cas, un délai spécifique peut s’appliquer).
Que faire en cas de dépassement
Si le délai de 2 mois est dépassé, les conclusions de l’intimé sont irrecevables. Toutefois, des recours peuvent être envisagés :
- Demande de relevé de forclusion : L’intimé peut solliciter un relevé de forclusion auprès de la cour d’appel, en justifiant d’un motif légitime (par exemple, une erreur matérielle ou un événement imprévisible). Cette demande doit être formée dans les 15 jours suivant la cessation de l’empêchement (article 540 CPC).
- Vérification de la computation : Avant d’envisager un recours, vérifiez que le délai a bien été calculé. Une erreur de computation (par exemple, omission du report pour un week-end ou un jour férié) peut permettre de régulariser la situation.
- Consultation d’un confrère : En cas de doute, consultez un confrère ou un spécialiste en procédure civile pour évaluer les options disponibles.
Calculer ce délai
Pour éviter toute erreur de calcul, utilisez le calculateur de délais de Juritime. Cet outil gratuit intègre l’ensemble des règles de computation (week-end, jours fériés, délais de distance) et vous permet de déterminer avec précision la date limite de dépôt de vos conclusions.
Ce guide présente les règles générales ; il ne remplace pas la vérification du texte applicable et l'analyse de l'avocat.
Questions fréquentes
- Que se passe-t-il si l’intimé ne dépose pas ses conclusions dans le délai de 2 mois ?
- Les conclusions de l’intimé sont irrecevables. L’intimé peut toutefois demander un relevé de forclusion s’il justifie d’un motif légitime.
- Le délai de 2 mois s’applique-t-il aussi à l’appel incident ?
- Oui, l’intimé doit déposer ses conclusions, y compris celles relatives à un appel incident, dans le délai de 2 mois, sauf si l’appel incident est formé après ce délai.
- Faut-il ajouter un délai de distance si l’intimé réside en outre-mer ?
- Oui, un délai supplémentaire d’1 mois est accordé si l’intimé réside en outre-mer, sauf si la notification a été faite à personne en France.
- Comment prouver la date de notification des conclusions de l’appelant ?
- La date de notification est prouvée par l’accusé de réception (pour une notification électronique) ou par l’avis de réception (pour une notification postale).
- Peut-on demander une prorogation du délai de 2 mois ?
- Non, le délai de 2 mois est impératif et ne peut être prorogé. Seule une demande de relevé de forclusion peut être envisagée en cas de dépassement.
Vérifiez la date avec le calculateur gratuit
Chaque étape du calcul est affichée avec son fondement (art. 640 à 647 CPC).